Transnationalités, Translocalités, Décolonialités Féministes et Queers

Mercredi, 14 mars, 2018 - 12:00 - 15:00
Université Paris 8 Saint-Denis

À l’occasion de la présence à Paris de Paola Bacchetta, nous sommes heureux·ses de vous inviter au séminaire :

Transnationalités, Translocalités, Décolonialités Féministes et Queer

Mercredi 14 mars 2018 de 12h00 à 15h00
Salle C103 (Bâtiment C, 1er étage), Université Paris 8 Saint-Denis
2, rue de la Liberté 93200 Saint-Denis (Métro Ligne 13 Saint-Denis Université)

Table ronde suivie d’une discussion libre avec :

Paola Bacchetta (UC Berkeley) : Intersectionnalité : État de le recherche

Dawud Bumaye (Collectif QTR / Ed. métagraphes) : L’apport des féministes postcoloniales et queers racisé·e·s aux mouvements antiracistes en France

Fatma Çıngı Kocadost (Université de Lausanne / EHESS) : Tisser des liens pour une lutte transnationale contre les rapports de domination en Turquie et en France

Présentation et modération de la discussion : Türkan Yıldız (EHESS)

« L’une des approches les plus utiles pour penser le pouvoir globalement est la notion d’”hégémonies éparpillées”, qui montre l’existence de nombreuses configurations de pouvoirs chauds et froids, dispersées à travers le monde, à différentes échelles et dans différents registres – financier, militaire, ethnique, médiatique, technique.
Je propose de lui adjoindre la notion de coformations pour penser les rapports de pouvoir, les sujets, les conditions et les conduites.
En effet, dans la théorisation féministe dominante, le genre a souvent été conceptualisé comme un axe, un vecteur ou un système unique, ou en termes de classes de sexe binaires.
Or, aux États-Unis, les féministes “of color” ont utilement critiqué cette réduction, cette singularisation qui efface le racisme, les sexualités et la classe sociale, tout autant que les généalogies, les sédimentations et les pratiques actuelles de génocide, de colonialisme et d’esclavage.
À leur suite, les analyses féministes critiques considèrent le pouvoir comme étant organisé suivant des axes ou des vecteurs séparés, selon des systèmes qui se “croisent” (inter-secting), qui convergent autour de “points d’articulation”, qui se combinent dans “des articulations” multiformes, qui sont “consubstantiels”, qui forment “des points nodaux”, ou encore qui constituent des “assemblages de pouvoir”.
Je pense qu’il est plus utile de conceptualiser ces pouvoirs, non pas comme des lignes séparées, même si elles s’entrecroisent, mais plutôt toujours/déjà comme des coformations multidimensionnelles dans lesquelles le genre, la race, la sexualité, la classe sociale, la postcolonialité, etc., opèrent inséparablement, à la fois dans les registres du discours et dans ceux de la matérialité. » – Réflexions sur les alliances féministes transnationales, P.B.

Collectifs QTPoC / Consortium transglobal d’études politiques
info (AT) transglobal-studies.org