Fin de la poésie, fin de la révolution ?

Avec la lecture des poéte·sse·s Forough Farrokhzad (1935-1967) et Nima Yushij (1895 - 1958), Morad Farahdpour, Zahra Pourazizi, Arsalan Reihanzadeh et Amir Kianpour interrogent les relations entre révolutions esthétiques et révolutions sociales, et entre poésie et politique relativement à l'histoire iranienne récente.
Si il y a bien relation, en aucun cela ne pourrait être une relation d'ustensilisation.
Et si une question de l'exigence d'une relation entre poésie et vérité se fait jour au fil de la discussion, la perspective de l'invention révolutionnaire où la vérité n'est pas un ensemble de normes instituées, fait apparaître la poésie comme un hors champ du présent.
Bien que cette constatation réouvre grand le champ des pratiques esthétiques qui seraient appropriées à ce présent, le point de vue de l'histoire récente de l'Iran avec l'échec de la révolution de 1979 fait toujours critère quant aux diverses formes de censure, et d'étouffement à tous les plans.
La discussion est modérée par le poète, écrivain et traducteur James Graham.

Amir Kianpour est traducteur, réalisateur, dramaturge, metteur en scène et acteur de théâtre.
Études de sociologie, anthropologie, ingénieurie civile, littérature et théâtre. Thèse de philosophie en cours à l’Université Paris 8 Saint-Denis sur les subjectivités et temporalités politiques en regard de l’histoire de la révolution iranienne de 1979 intitulée “Le non-synchronisme comme mode de subjectivité”.
Traductions récentes : Karl et Carl, Un chapitre de La politique au crépuscule, Mario Tronti, Notre mal vient de plus loin, Alain Badiou, Kant, Robespierre de la philosophie, Heinrich Heine, Fragments de L’insurection qui vient, Comité invisible.
Essais récents : La philosophie dans la prison de la conscience, Une réponse à Medhi Khalaji, Le théâtre iranien : Un théâtre sans histoire, Joe Kelleher, Théâtre & Politique.

Poète, écrivain et traducteur, James Graham commence sa carrière éditoriale en créant les revues Lumen, Avenue A, et Machete, avec les participations d’Allen Ginsberg, Pier Paolo Pasolini, Eduardo Galeano, etc.
Publié par East Village Eye, Couverture, Village Voice, The American Poetry Review, Counterpunch, etc., il a aussi traduit divers ouvrages, dont l’Espion de Dieu de Juan Gómez Jurado, Un mercredi je suis à vous de Mayra Santos Febré, Petites heures de la nuit de Roque Dalton. Son recueil de nouvelles, Neo Yorkinos, a été publié par la Henry Miller Library. En 2010, il s’installe à Paris où il organise la série de lectures Open City et écrit un nouveau roman, intitulé Rue des Cascades.

Morad Farhadpour est théoricien, écrivain, et traducteur.
Co-fondateur de la revue Arghanoun (L’Organon) et des collectifs Rokhdad (L’Évènement), et Thesis 11 en Iran. Enseigne notamment à l’Institut Porsesh de Téhéran.
Traducteur en persan de nombreux ouvrages, en particulier issus du courant de la théorie critique, dont La Dialectique de la Raison de Theodor W. Adorno et Max Horkheimer, Tout ce qui est solide se dissout dans l’air de Marshall Berman et des essais d’Alain Badiou, de Walter Benjamin, de Gorgio Agamben, etc.
Auteur des Vents d’Ouest, La Raison Désenchantée, Les Fragments de la pensée et Paris-Téhéran (un propos critique sur le cinéma d’Abbas Kiarostami).

Zahra Pourazizi est une écrivaine, poétesse et traductrice iranienne vivant à Paris.
Elle poursuit un projet de thèse en Arts et langages, sur la représentation du “corps-langage” dans l’écriture sadienne (EHESS Paris).