Intersectionnalité : État de la recherche

Les études et recherches intersectionnelles ont connu un large essor à partir de la proposition du terme d'intersectionnalité par Kimberlé Crenshaw, réunissant ainsi de nombreuses hypothèses et conceptualisations dont Paola Bacchetta propose un tour d'horizon, notamment celles de matrice, d'articulation, d'assemblages, de co-formations et de co-productions.
Kimberlé Creenshaw à l'intérieur d'une problématique de la reconnaissance du travail des femmes noires montrait comment la loi ne reconnaissait que les femmes blanches en tant que sujet du sexisme et les hommes noirs en tant que sujet du racisme, et comment cette absence des femmes noires resterait irrésolue par une addition de ces conditions mais plutôt, qu'il fallait considérer le croisement et l'entrecroisement de la race, du genre, du sexe et de la classe.
Issue d'une longue généalogie en particulier des luttes féministes des femmes noires, l'intersectionnalité ne peut être réduite de même à l'addition de conceptualisations distinctes des rapports de pouvoir et de formation des sujets ; elle se rapporte en effet à l'historicité des concepts eux-mêmes et aux dynamiques changeantes du pouvoir, et a ainsi incité une très grande richesse et diversité de réflexions.
L'inntervention suit un plan en trois parties : la question de la définition des rapports de pouvoir,  celle de la façon dont ils fonctionnent ensemble, puis celle du champ de l'intersectionnalité et les autres concepts qui en ont été issus.

Paola Bacchetta est sociologue et professeure associée en études de genre et études féministes à l’Université de Californie à Berkeley.
Ses domaines de recherche sont les théories féministes et queers transnationales, de couleur, décoloniales et postcoloniales, et des multiplicités, la théorie sociale et critique et les théories des spatialités.
Elle a écrit sur les conflits politiques et religieux, les mouvements de droite, les mouvements de libération, d’insurrection et d’expression artistique féministes et queers de couleur, les sujets et les mouvements décoloniaux et postcoloniaux, et la co-production des alliances, coalitions, convergences, et des solidarités.
Ses zones géographiques de spécialisation sont la France, l’Inde, les États-Unis et, depuis plus récemment, l’Italie.
Autrice ou éditrice notamment de : Trans-Q Fem : Eléments pour une critique féministe transnationale, 2014 ; Textes du Mouvement lesbien français, 1970-2000, 2011 ; Le genre dans la nation hindoue : Les femmes comme idéologues, Women Ink, 2004 ; Les femmes de droite : Des conservatrices aux extrémistes autour du monde, Routledge, 2002.