La mémoire commune iranienne des années 80 et l'esthétique de la confrontation avec un passé violent

Le travail de recherche de Bahar Majdzadeh couvre une période en Iran qui se situe entre deux moments décisifs : la Révolution de 1979 et le massacre des prisonniers politiques de 1988.
Au delà des spécificités sociales et politiques propres à cette période tumultueuse, les années 80 se caractérisent par une violence sans précédent dans l'histoire contemporaine de l'Iran.
Bahar Majdzadeh ne s'intéresse pas à la succession chronologique des faits mais plutôt elle propose plutôt d'étudier ce qui il y a de plus significatif de ce temps.
Il est question de ce qui dure, de ce qui véritablement persiste dans le temps, et ce, malgré la volonté de la République Islamique d'Iran et le silence de la communauté.
Elle attire seulement l'attention sur les événements du passé dont l'étude permet d'appréhender cette période avec une perspective nouvelle.
L’intérêt principal de cette recherche est de comprendre comment à partir de l'analyse d'images, on peut représenter grâce à l'art le passé violent récent.

Bahar Majdzadeh est née à Kerman, en Iran. Elle a étudié la photographie à l’Université AZAD de Téhéran, puis les Arts plastiques à l’Université Paris 8 Saint-Denis, et les Art et Médias numériques à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en France.
Elle écrit actuellement une thèse sur la mémoire commune iranienne des années 1980 par le biais des images à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Majdzadeh sculpte depuis 2003 mais ses activités artistiques comprennent aussi les médiums du dessin, la création sonore, la vidéo, la photographie et l’installation.
Majdzadeh est née quelques années après la révolution iranienne de 1979. Elle a grandi pendant la guerre Iran-Irak et la répression politique. Les événements de la première décennie après la révolution ont toujours un impact énorme sur la vie de sa génération aujourd’hui, et ainsi de son art tout comme son travail de recherche de thèse.