L’architecture comme arme coloniale (et décoloniale) en Palestine

Léopold Lambert présente en un premier temps, ses recherches réunies dans l’ouvrage « La politique du bulldozer : La ruine palestinienne comme projet israélien », qui porte sur la façon dont l’architecture sert un projet colonial, avec la destruction massive des habitations palestiniennes par l’armée israélienne, et dans un second temps une chronique critique de l’architecture constructiviste des projets qui les remplacent.
Cette politique de destruction et reconstruction fait de l’architecture une technique et une stratégie coloniale et militaire qui affecte le territoire, la mémoire et les vies palestiniennes de façon irréparable. Une dimension administrative et judiciaire de l’architecture l’accompagne, qui interdit à la suite des destructions, des expropriations et des déplacements forcés ou sur les territoires convoités, de construire ou de reconstruire etc.
Toutes ces stratégies s’appliquent aussi aux camps de réfugié·e·s où le provisoire s’est installé en l’une des situations à partir desquelles le droit au retour est défendu.

Léopold Lambert est architecte, chercheur et rédacteur en chef de la revue The Funambulist créée en 2007, un magazine bimestriel imprimé et numérique consacré à la politique de l’espace et des corps. The Funambulist articule des perspectives des spatialités et des luttes politiques dans le monde à travers un sujet différent à chaque nouveau numéro.
Il est l’auteur de Architecture militarisée : L’impossibilité de l’innocence (DPR-Barcelone, 2012) ; Topie impitoyable : La politique corporelle du tissu, du mur et de la rue (Punctum, 2016) ; La politique du bulldozer : La ruine palestinienne comme projet israélien (B2, 2016) ; États d’urgence : Une histoire spatiale du continuum colonial français (à venir, 2019).