Radiolive #4

Si je ne peux pas danser*
2 Février 2017
Université Paris 8 Saint-Denis - Salle de la Coupole
2, rue de la Liberté 93526 Saint-Denis (M° Saint-Denis Université)
Écouter sur Internet : http://p-node.org/zone-zero

12h30 Jules Falquet : Pax neoliberalia
Solidement ancré dans les recherches féministes sur la mondialisation et sur la dynamique des rapports sociaux de sexe, de race et de classe, ce livre est un essai sur l'emploi méthodique de la coercition au service de la mondialisation néolibérale.
L'instrumentalisation d'une violence en apparence "aveugle", mais en fait très contrôlée, dessine le fil rouge reliant entre eux les quatre textes qui le composent. Proximité troublante de la torture avec la violence domestique (au Salvador)… Création de la classe masculine des “frères d’armes” par le service militaire (en Turquie)… Diffusion des techniques de guerre de basse intensité (au Mexique)… Perpétuation (néo)-coloniale des violences contre les femmes indiennes (au Guatemala)…
Jules Falquet croise différents niveaux d'analyse pour rapprocher des perspectives généralement cantonnées à des sphères séparées. En révélant les continuités qui rattachent la violence misogyne aux méthodes coercitives militaro-policières, cette approche met à jour les logiques genrées de la « gouvernance » mondialisée, ici nommée, par antiphrase, Pax neoliberalia.

13h15 Pause Déjeuner

14h00 Yasmina Kebbab : Réfugié-e-s
Entretien, musique, lecture à plusieurs voix, etc. autour de la situation des réfugié-e-s à Paris.
La politique française n'a jamais été aussi violente qu'actuellement dans ce domaine, avec les expulsions et arrestations des réfugié-e-s, et de celles et ceux qui leur sont solidaires dans le contexte d'un État d'urgence où tout est devenu permis. La dimension collective des différentes formes de manifestation (manifestations de rue, et actions de solidarité, accueil et hébergement, ateliers et rencontres, soirées de soutien, de projection et de débats, etc.) enchaîne sur la dimension collective de la répression.
Inventer des langages et relier chacun-e-s au delà de cela devient nécessaire.
L'intervention soutient une démarche qui associe le social et le politique, dans les dimensions de la rencontre, de l'engagement dans le monde et ses expressions poétiques, filmiques, musicales, etc.

14h45 Magdalena Léa Brand (Cresppa-CSU) : Boxer Bangui
Pendant mes recherches, j'ai habité le Quartier Latin de Bangui (RCA) où les femmes étaient cheffes de famille. Les autres habitant-e-s de la ville les appellent les « femmes libres, car tellement elles ont usé de leur liberté, c’est devenu péjoratif ». Pour vivre, elles partaient travailler chaque nuit dans les espaces de loisirs des expatriés français, dans les bars, dans les restaurants et dans les boîtes de nuit du centre-ville, comme employées domestiques, serveuses, prostituées et cuisinières. L'objet de cette thèse est l'analyse des rapports de pouvoir qui traversent les échanges économico-sexuels entre des hommes expatriés français et des femmes centre-africaines à Bangui. La recherche amène à analyser le travail sexuel et domestique des femmes centre-africaines dans les espaces de loisirs et de consommation des expatriés comme étant au cœur de la construction de la communauté expatriée et de la constitution d’une classe de femmes qui, entre contraintes et recherche d’autonomie, négocient la valeur de leurs vies dans la ville.
« Si les gens disent que tu es une pute, tu entends mais tu fermes tes oreilles, parce que, toi, tu sais pourquoi tu le fais : pour l'avenir. C'est un travail. Tu le fais pour ce que tu as décidé d'être dans ton cœur » (entretien, Bangui, 2010)

15h30 Camille Fauroux (CRH-EHESS) : Production du genre, Production de la guerre
Entre 1940 et 1944, de cinquante à cent mille femmes partirent de France pour travailler en Allemagne, alors qu'elles n'y étaient pas contraintes par la loi. Celles que l'on appelle les travailleuses civiles rentrèrent en France pendant l'occupation ou immédiatement à la fin du conflit. Dans les années qui suivirent la guerre, les représentations diverses de ces femmes se figèrent peu à peu dans une image unique, celle de la collaboratrice débauchée. Comment l'identité de genre des travailleuses civiles fut-elle engagée dans un rapport liant travail, famille et nation à cette période ? Dans une perspective d'histoire des femmes, il s'agit de saisir le parcours et les motivations des travailleuses civiles. Par ailleurs, on tentera de cerner comment le genre fut mobilisé par les politiques qui définirent la situation des travailleuses. Enfin, on cherchera à comprendre comment, dans un contexte d'évolution politique et de mutation des rapports de genre, on passa de représentations multiples et conflictuelles des travailleuses civiles à une figure articulant politique et sexualité de façon univoque et négative.

16h15 Somayeh Rostampour (GTM-Paris 8) : La non mixité dans la lutte des femmes Kurdes
Tout au long de l'histoire du PKK, les femmes ont toujours été présentes dans la guérilla, mais à partir de 1994, elles ont créé leurs propres groupes de lutte armée. Cela a été dans le même temps une période de mobilisation des femmes dans la société Kurde, et au sein du mouvement Kurde lui-même. Cette non mixité leur a ouvert la possibilité d'une organisation autonome à tous les niveaux. Cela n'est pas une non mixité telle qu'elle peut exister usuellement dans la région. Ainsi elles participent également aux activités politiques, sociales, économiques, militaires, etc. mixtes. Par ailleurs, dans le même temps également, elles ont développé le réseau des académies des femmes, et un travail des théories et des savoirs des femmes. Elles appellent Jinéologie (womanology) le savoir des femmes, par les femmes, et pour les femmes, en contradiction avec les féminismes occidentaux dont elles critiquent les concessions à l'État néolibéral.

17h00 Naïssam Jalal et Samuel Leroux : Le chemin de la liberté - Paroles de révolutionnaires syriens
Retour sur la révolution syrienne : Le chemin de la liberté - Paroles de révolutionnaires syriens de Naïssam Jalal et Samuel Leroux, film documentaire réalisé en 2012, réunit les propos de jeunes révolutionnaires, tordant le cou à de nombreux à prioris exprimés en France et ailleurs.
De la révolution en 2011, muée en guerre civile et en conflit international, à aujourd'hui, la compréhension de la situation syrienne continue d'hériter des mêmes lacunes, et des mêmes interprétations principalement produites par l'expertise géopolitique, et le discours médiatique. Nous voudrions inviter à amorcer une démarche de réflexion, d'analyse, et de solidarité internationale contre toutes les guerres et les dictatures, et vers d'autres rendez-vous à ce sujet.

* & quelques chansons d'AMEL *

*If I Can’t Dance I Don’t Wan’t To Be Part Of Your Revolution, Emma Goldman

RADIOLIVE sur Internet : http://p-node.org/zone-zero
VENIR : Université Paris 8 Saint-Denis, Salle de la Coupole
2, rue de la Liberté 93526 Saint-Denis (M° Saint-Denis Université)
PLAN du Campus (La salle de la Coupole de la Maison des étudiant-e-s est un bâtiment orange et rond qui se situe au nord-est du campus) : http://www.univ-paris8.fr/IMG/jpg_plan-batiments-paris8.jpg
PROPOSER (un projet, une intervention, une lecture, un concert ou un mix, etc. ou poser une question quelconque) : zones (AT) inter-zones.org

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