Radiolive #5

Université Paris 8 Saint-Denis - Salle A070 (RDC Bâtiment A)
2, rue de la Liberté 93526 Saint-Denis (M° Saint-Denis Université)

Radiolive sur Internet : http://p-node.org/zone-zero

12h00-13h00 MAGDALENA BRAND, SOMAYEH ROSTAMPOUR, CLOTILDE FAUROUX (Collectif SFK) : Lettres aux femmes prisonnières politiques en Turquie

Des femmes du mouvement des femmes au Kurdistan de Turquie, députées, co-maires, journalistes, écrivaines et militantes de terrain ont été agressées, arrêtées, emprisonnées et torturées. Ces femmes sont réprimées parce qu'elles résistent contre le patriarcat, contre l’État-nation et contre le capitalisme. Par leurs luttes, elles nous ont inspirées depuis plusieurs années.
Aujourd'hui, nous souhaitons leur rendre hommage et faire vivre des liens directs entre féministes à l'international, malgré les emprisonnements massifs et la répression qui ne connaît plus de limites. Nous organisons des ateliers de rédaction de lettres vers elles.
Ce sont des occasions de rencontre et d'échange sur la situation de répression contre les femmes en Turquie et dans d'autres États. Parce que les États-nations se construisent sur le dos des femmes combattantes pour la justice sociale, parce que la modernité capitaliste est le tombeau des femmes et des peuples : solidarité féministe internationale.

13h00-14h00 SERDAR AY : Politiques des langues et des littératures Kurdes

Les recherches de Serdar Ay portent notamment sur cette période où au début de 20e siècle à Istanbul, loin de ‘son pays d’origine’, la littérature kurde moderne est dans les journaux et les revues de l’intelligentsia kurde qui rêve de ‘modernité’. Mais une différence marqua le destin de l’intelligentsia kurdiste de l’époque. ‘Là où les groupes dominants, persans, arabes ou turcs espéraient compter sur l’appui de l’État pour former une nation, les Kurdes étaient confrontés à cet obstacle : comment accéder à l’histoire, créer la nation, sans structures étatiques préalables ?’. Après l’éclatement de l’Empire Ottoman, les nationalistes kurdes tout comme les Arméniens et les Palestiniens voient le territoire qui se trouve au cœur de leurs propres projets incorporé à trois nouveaux états nationaux : l’Irak, la Syrie et la Turquie. Dans le nouvel espace kurde transfrontalier et transnational, comment ce projet national s'est-il mué en un investissement dans la langue et la culture ? Dans quelles conditions politico-linguistiques ‘une bi-standardisation’ de la langue kurde (kurmancî et soranî) s’est-elle accomplie ? Enfin, comment définir la littérature kurde moderne à partir des années 1930 ? Quelles sont les caractéristiques de la littérature kurde moderne du kurmancî ?

14h00-15h00 ROJDA ALAÇ : Stratégies de vie et redéfinition du “foyer” : Le cas de la population kurde déplacée dans sa propre région en Turquie

L'étude se concentre sur la question kurde en Turquie à partir de la période de l'institution du régime d'exception qui nous amène au cas le plus complexe, celui du déplacement forcé qui n'a jamais été officiellement proclamé, mais a été expérimenté par un minimum d'un million de personnes. L'étude porte sur la vie quotidienne des déplacés qui amène à comprendre le dessin d'une identité à travers les expériences passées et présentes, ainsi qu'à travers les stratégies de vie dans l'espace urbain. Ainsi, ces “stratégies” participent à la construction d'une nouvelle identité “politique”, économiquement variée et qui se définit autrement dans l'espace urbain mais aussi dans l'espace rural.
Les femmes étant notre principale source d'information dans cette étude, cela nous a amené à reconstruire différemment l'histoire du déplacement forcé et ses effets. Ainsi nous nous concentrons sur la vie quotidienne et nous constatons qu'une analyse anthropologique qui se focalise sur les différents paramètres de la vie des déplacés est indispensable pour discuter de l'identité nationale, de la question identitaire ethnique, des raisons et des effets du conflit, de la violence et de la subjectivité. Les cas de déplacés kurdes en Turquie nous ouvrent de nouveaux espaces de discussion et d'incitation à la recherche concernant la Turquie et à de nouvelles réflexions en sciences sociales se fondant sur « la vie quotidienne ».

15h00-16h00 ROLANDO ESPINOSA, HAPUC HERNÀNDEZ, REMI HESS : Traverser les frontières avec Henri Lefebvre

Voilà un an, à l’occasion du 25° anniversaire de la mort d’H. Lefebvre, des doctorants de l’UNAM organisaient à Mexico une semaine de travail autour de la pensée d’H. Lefebvre, et tout particulièrement de La production de l’espace. En quoi l’œuvre d’H. Lefebvre peut-elle encore nous apporter outils, concepts et thèmes à explorer, dans le cadre d’un projet de société prenant en compte une théorie et une pratique de la révolution ? Dans le prolongement de la critique de Marx concernant toute les formes d’aliénation dans la société capitaliste, comment cette œuvre, dans sa polyphonie et sa prolixité, peut-elle nous aider à penser au quotidien un projet de dépassement des aliénations dans notre société mondialisée ?

16h00-17h00 VALENTIN SCHAEPELYNCK : Lapassade, Guattari et la “motoricité du groupe”

À partir des orientations et des implications différentes et singulières d’auteurs comme René Lourau, Georges Lapassade ou Félix Guattari, l’analyse institutionnelle, par-delà la pluralité de ses significations et de ses appropriations, est née de cette idée que le groupe pouvait être, non pas seulement un moyen pour la modification des conduites ou l’adaptation à un
système de normes, mais l’espace et le moteur d’une transformation sociale radicale. L’analyse institutionnelle ne renvoie en effet pas à une connaissance analytique, produite par un esprit qui décomposerait rationnellement une réalité en ses éléments distincts, mais à un acte expérimental qui intervient sur une réalité pour en faire émerger les analyseurs, afin d’en mettre au travail les contradictions, le dissensus, la conflictualité toujours plus ou moins latente entre pratiques instituantes et
routines instituées. L’institution ne renvoie dès lors pas seulement à un cadre oppressif ou à un appareil de capture, mais à toute une série d’agencements et de possibles dont il faut se saisir pour à la fois comprendre et transformer radicalement et collectivement une situation donnée.

17h00-18h00 ACADÉMIE DE MÉSOPOTAMIE : Réunion via Skype (Traduction assurée)

L'Académie de Mésopotamie des sciences sociales, située à Kamishli au coeur du canton de Cezire dans le Rojava, est une université fondée sur un modèle éducatif alternatif. Elle a été créée après une année de travaux préparatoires en juin 2014 par un groupe d'enseignant-e-s et chercheur-e-s, historien-ne-s, sociologues, politologues, linguistes, etc.
Elle est composée de trois départements : histoire, sociologie, et science politique, avec le projet de l'ouverture de départements de philosophie, littérature, géographie, économie et communication, etc.
L'enseignement y est dispensé dans les langues de la région. Elle engage tou-te-s les participant-e-s, en particulier les étudiant-e-s, à être des participant-e-s acti-f-ve-s et subjecti-f-ve-s tout autant dans le programme et les méthodologies de l'enseignement que le fonctionnement en général de l'Académie.

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