Théâtre illégal

Les toits de Téhéran sont encombrés de paraboles. D'après toutes les personnes qu'on a rencontrées, sauf un type qui travaillait pour une émission de télé sur le théâtre, les chaînes de télévision publiques ne diffusent que de la propagande et cela ne convient pas à grand monde. Les paraboles permettent donc d'accéder à des chaînes d'information, comme Euronews, ou à des chaînes de divertissement étrangères.
Quand on fait du théâtre en Iran, que l'on soit acteur, metteur en scène ou auteur, on est également confronté à la censure. Cette censure est imposée par le gouvernement, et plus précisément par le "Ministère de la Culture et de la Guidance Islamique". Ce ministère a pour rôle de s'assurer que les pièces qui vont être présentées en public ne contiennent rien de contraire à l'idéologie en place.
Même si ce processus de censure semble être devenu une routine pour les metteurs en scène Iraniens rencontrés, certains disent toujours vouloir trouver des moyens de le détourner : est-ce possible ? Peut-on ne pas appliquer les modifications demandées ? Y a-t-il un moyen de ne pas avoir à obtenir un permis de jouer ?
Juliette Wierzbicki a réalisé une série d'entretiens avec des metteurs en scène à propos du théâtre aux marges de la légalité en Iran, au cours d'un parcours de réalisation sur les théâtres autour du monde, ainsi en Iran, mais aussi d'autres théâtres en Inde, et en Thaïlande.

Propos recueillis par Amir Kianpour, Décembre 2015.