Violence et contre-violence d'État en Turquie

Engin Sustam s'intéresse dans cette intervention aux formes contemporaines de la violence en Turquie, au regard de l'espace kurde, mais aussi de toutes les autres composantes oppositionnelles.
La recherche s'attache à reproblématiser les formes de ce qui a été appelé le cycle de la violence de l'État et de la contre-violence à l'ère des luttes d'indépendances nationales en lien avec les phénomènes liés à la globalisation.
Cette reproblématisation concerne tant les transformations de l'État au jour de l'injonction globale du tout sécuritaire et de la biopolitique dans la configuration moyen-orientale, et l'analyse des conflits de guerre intérieure et extérieure et leurs acteurs, que les nouvelles formes de résistance issues de la multiplicité des composantes actuellement porteuses d'émancipation, telles que les minorités des femmes, des LGBTQI, des kurdes et des alévis, des arméniens, etc.
La réflexion s'actualise sur le récent coup d'État en Turquie du 15 juillet 2016 et ses conséquences, et l'État d'urgence qui a suivi avec le retour de la répression systématique de toutes les populations minoritaires de Turquie.

Engin Sustam est sociologue.
Master de sociologie de l’art de l’Université de Mimar Sinan à Istanbul, puis master et doctorat à l’EHESS à Paris. Thèse, parue en 2016 : “Art & Culture subalterne Kurde”.
Engin Sustam a enseigné aux Universités d’Arel, et du 29 Mai à Istanbul, et à l’Université de Genève en sociologie et en philosophie. Ses recherches portent sur la sociologie des arts, les études kurdes, les nouveaux mouvements sociaux, la critique postcoloniale, la pensée politique et la violence et la contre-violence en Turquie.
Il est le curateur de plusieurs expositions à Istanbul abordant les relations entre art, politique, genre et mémoire.
Membre du comité de rédaction de la revue Teorik Bakis et de nombreux collectifs dont BAK (Universitaires pour la Paix), Jîngeh, Eko-Jîn et Jiyana Ekolojîk en Turquie.